Le programme de coordination des cas présentant un risque élevé

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Symposium de la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels

Verona Singer, Ph. D., coordonnatrice, Services aux victimes, Police régionale d'Halifax
Le 7 avril 2014, Ottawa

Programme de coordination des cas présentant un risque élevé

  • De quoi s'agit-il?
  • Qui sont les participants?
  • Comment cela fonctionne-t-il?
  • Pourquoi coordonner?

Ma recherche

  • Contexte
  • Question de recherche initiale : le programme des cas présentant un risque élevé a-t-il été bénéfique ou néfaste pour les femmes victimes de violence?
  • Entrevues – 29 femmes
  • Groupes de discussion – 2 fournisseurs de services
  • Lieux – Halifax et Sydney

Résultats

  • Discours dominant en matière de violence familiale
  • Les tensions
  • Ce qui fonctionne bien
  • Les défis
  • Relever les défis

Discours dominant en matière de violence familiale

  • La violence faite aux femmes est une manifestation du patriarcat et reflète le désir des hommes de contrôler les femmes et de conserver le pouvoir qu'ils exercent sur elles (Martin, 1976).
  • L'agresseur est toujours un homme violent, tandis que la victime est toujours une femme vulnérable (Martin, 1976).
  • La seule solution raisonnable pour la femme victime de violence est de mettre fin à la relation (Schechter, 1982).
  • La violence a lieu dans toutes les couches de la société et elle n'est pas liée à la pauvreté, aux dépendances ou à la maladie mentale (Dobash & Doabsh, 1979).
  • Les solutions systémiques sont favorisées au détriment des solutions individuelles (Dobash & Dobash, 1979).
  • Les réponses du système de justice ou des organismes de protection de l'enfance sont susceptibles de ne pas être aussi efficaces ou valides que les réponses des organismes agissant sur le terrain, notamment les refuges ou les groupes de soutien (Schechter, 1982).
  • Le système de justice pénale est souvent perçu comme l'endroit le plus approprié pour traiter de la violence de l'agresseur (Ursel, Tutty & leMaistre, 2008).
  • Offrir un traitement ou une thérapie à l'agresseur épuiserait les ressources qu'il serait préférable de consacrer aux femmes et personnaliserait de façon inappropriée le problème (Adams, 1988).

Les tensions

  • L'agresseur est méchant et mauvais
  • On intervient auprès de l'agresseur ou de la femme
  • Les femmes violentées sont des victimes
  • Les femmes violentées devraient coopérer
  • Tous les cas de violence familiale présentent un risque élevé
  • Le système de justice pénale est la solution la plus appropriée
  • L'intérêt supérieur de la mère ou de l'enfant

Ce qui fonctionne bien

  • « Donc, ce que tout le monde me dit et ce que j'ai moi-même appris est placé dans un beau petit emballage appelé : affaire à risque élevé de létalité. »

Ce qui fonctionne bien

  • Échange d'information, coordination et communication relativement aux cas
  • Inclusion des maisons d'hébergement pour femmes et des programmes destinés aux hommes
  • Modèle de conférence de cas
  • Présence de la victime
  • Programme provincial
  • Évaluations des risques
  • Formation des éducateurs dans le domaine de la violence familiale (VF)

Les défis

  • L'accent est trop mis sur la planification de la sécurité « Ça me fait beaucoup paniquer (être appelée à risque élevé). Je déteste tellement ça et, les deux premières fois que j'ai parlé avec elle (la coordinatrice des cas de VF), elle me disait de toujours avoir un téléphone cellulaire sur moi, de m'assurer qu'il soit toujours chargé, de ne jamais aller nulle part seule, ne jamais faire ceci ou cela. Et ça m'a surpris. Je ne peux pas croire qu'à partir de maintenant et pour le reste de ma vie, ou du moins pour une bonne partie de ma vie, je vais devoir prendre autant de précautions tout le temps. »

La gestion du risque de l'agresseur est faible

  • « La seule chose que je changerais est que je crois qu'ils devraient peut-être rencontrer l'agresseur et lui expliquer ce qui se passe, parce qu'il a été furieux que ma mère lui dise que je ne pouvais pas lui parler à cause de l'ordonnance de non-communication. L'agresseur a essayé de communiquer avec les services d'aide aux victimes plusieurs fois pour leur parler et j'aurais aimé qu'ils lui répondent et lui expliquent la situation. Nous l'avons placée dans cette catégorie d'après ce que nous savons; pour qu'il puisse comprendre la gravité de la situation. Parce qu'il ne me croit pas et j'aurais souhaité qu'une autre personne le lui dise. »

Le manque que connaissance des ressources disponibles

  • « La raison pour laquelle je ne l'ai pas quitté il y a des années est que j'avais peur de ne pas avoir de l'aide à l'extérieur. Je ne savais pas vers qui me tourner. Cela n'a pas changé […]. Ils (les fournisseurs de services) ne faisaient que se renvoyer la balle. Ils voulaient que la prochaine personne fasse quelque chose et, en bout de ligne, personne ne fait rien. Je dois encore me fier que sur moi-même. »

Stéréotypes liés aux victimes

  • « Il faut faire très attention, parce que vous devez être une bonne victime, vous ne pouvez pas ne pas être reconnaissante. Je veux dire que vous devez être polie, faire preuve de reconnaissance, surtout quand autant de personnes travaillent si fort. Mais c'est très facile de ne pas être une bonne victime et vous êtes en face d'une personne en autorité qui peut soit prendre votre cas au sérieux ou non, ou alors vous cataloguer comme une garce, ce qui a un lien direct avec le niveau de service et, par conséquent, votre sécurité. »

Problèmes avec les policiers

  • « Je dis aux policiers que j'ai une ordonnance de ne pas troubler l'ordre public et ils me demandent ce que je veux qu'ils fassent? […] À quoi ça sert d'avoir à suivre des conditions si on peut les violer sans que rien ne nous arrive? Je veux dire qu'il n'a respecté aucune ordonnance de non-communication. Cela ne l'a pas arrêté de venir à la maison, de me harceler et de me menacer. Alors les ordonnances de non-communication n'ont rien donné. »

Questions relatives à la protection de l'enfance

  • « Mon intervenante en protection de l'enfance est très jeune. Elle n'a pas d'enfants alors elle ne comprend pas. Elle ne voit qu'un seul côté de la médaille, et n'a pas de vision d'ensemble. Et c'est elle qui décide de ma vie. »

Relever les défis

  • Repenser l'approche relative aux femmes victimes de violence
  • Repenser l'approche relative à l'agresseur
  • Éviter d'adopter une approche unique
  • Autres recommandations

Repenser l'approche relative à l'agresseur

  • Faire participer les hommes et les garçons
  • Une recherche féministe plus vaste sur les mesures qui fonctionnent
  • Pour le programme des cas présentant un risque élevé :
  • Aviser l'agresseur qu'il s'agit d'un cas à risque élevé
  • Gestion des risques permanente pour favoriser la responsabilisation
  • Incitatifs pour enregistrer des plaidoyers de culpabilité
  • Améliorer les pratiques en matière de protection de l'enfance pour favoriser la responsabilisation

Repenser l'approche relative aux femmes victimes de violence

  • Les politiques en matière de VF devraient inclure les choix et les décisions des femmes
  • Pour le programme des cas présentant un risque élevé :
  • Processus de traitement des plaintes
  • Politique lorsqu'un dossier ne présente plus un risque élevé
  • Formation continue sur la résistance des femmes victimes de violence

Éviter d'adopter une approche unique

  • Continuum de réponses pour l'étendue du risque
  • Solutions de rechange au système de justice
  • Pour le programme de cas présentant un risque élevé :
  • Examen du pointage de l'Évaluation du risque de violence familiale en Ontario (ODARA)
  • Élargir le rôle du coordonnateur des cas de VF
  • Création de coalitions et éducation sur les questions de protection de l'enfance et de violence faite aux femmes

Autres recommandations

  • Formation annuelle obligatoire sur la VF pour tous les policiers de la province
  • Agents ou unités spécialisés en matière de VF dans tous les services de police de la province
  • Formation initiale et permanente en matière de VF à l'intention des intervenants en protection de l'enfance
  • Rapport d'évaluation annuel
  • Participation obligatoire aux réunions sur les cas présentant un risque élevé

L'obtention du diplôme de Singer

Le 14 mai 2013
Coordonnées : singerv@halifax.ca
902-490-5300
http://dalspace.library.dal.ca/handle/10222/21403

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