Anita Stanley : les services provinciaux pour les victimes d'actes criminels à Terre-Neuve et Labrador

Une entrevue vidéo avec Anita Stanley, la gestionnaire du programme de services aux victimes pour le ministère de Justice au sein du gouvernement de Terre-Neuve et Labrador. Anita explique comment la province offre un soutien aux victimes d'actes criminels et comment elle les aide à aller de l'avant.

Symbole du gouvernement du Canada

Transcription

En 1991, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a créé le Programme d'aide aux victimes afin de répondre aux besoins des adultes victimes d'actes criminels.

Récemment, le programme a été élargi pour offrir du soutien aux enfants victimes ou témoins et les préparer s'ils doivent aller en cour.

Quand le Programme a été lancé, il y avait seulement quatre bureaux régionaux, mais au fil des ans, d'autres ont ouvert et il y en a maintenant onze.

Un gestionnaire provincial, un superviseur de programme et 23 intervenants qualifiés y travaillent.

Anita Stanley, la gestionnaire provinciale, explique leur mission:

Pour notre Programme, « aller de l'avant » signifie aider les victimes à atteindre l'objectif qu'elles se sont fixé.

Quand survient un traumatisme sur lequel vous n'avez aucun contrôle, vous vous demandez si vous serez de nouveau « normal » un jour.

Peu importe ce qui est « normal », ou la définition que vous en donnez.

Les victimes doivent comprendre que c'est un parcours et qu'elles ont besoin d'information et de soutien en cours de route.

Mais en bout de piste, elles vont s'en sortir.

Ce programme est différent des programmes d'aide aux victimes des autres administrations.

Le Programme d'aide aux victimes de Terre-Neuve-et-Labrador est un programme global, en ce sens qu'il n'est pas nécessaire que des accusations soient portées pour qu'une personne ait recours à nos services...

Elle peut avoir été référée par la police, par la Couronne ou par un organisme qui connaît nos services.

Le Programme d'aide aux victimes jouit d'une excellente relation avec les deux forces policières de notre province.

La police traite chaque victime avec dignité et respect, mais son principal objectif avec une victime reste de récolter des preuves.

Les policiers traitent les victimes avec beaucoup de sensibilité, mais le Programme d'aide aux victimes peut enrichir les relations que la police a établies avec une victime auparavant.

L'approche des collègues d'Anita est d'accepter l'histoire des victimes et non de les juger :

Les victimes ne choisissent pas leur sort.

Quelque chose leur est arrivé et elles n'y pouvaient rien, mais le résultat, c'est qu'elles doivent rebâtir leur vie.

Notre personnel est là pour offrir aux victimes un lieu sécuritaire où elles peuvent parler de ce qu'elles vivent, et notamment de leurs peurs.

Nous tentons de normaliser la situation en disant aux gens que ce n'est pas de leur faute.

Ils n'ont pas à se blâmer pour les gestes d'un autre.

Nous tentons de les aider à se prendre en charge.

Nous voulons que les gens se sentent normaux.

La situation n'est peut-être pas normale, mais eux le sont; les choses vont s'améliorer.

Mais pour certaines victimes, les besoins sont plus sérieux...

Certaines personnes se sentent particulièrement traumatisées.

Les coordonnateurs du Programme d'aide peuvent donner un soutien émotif à court terme à une victime qui vit un incident particulier ou qui doit témoigner.

Mais si elle a besoin d'une intervention thérapeutique plus longue, elle est référée aux services professionnels de la communauté.

Pour l'assister dans son travail, l'équipe d'Anita maintient des liens étroits avec ses homologues fédéraux.

Terre-Neuve-et-Labrador entretient une relation extraordinaire avec le ministère de la Justice du Canada, notamment avec le Centre de la politique concernant les victimes.

Ils nous donnent de l'information et du soutien au sujet de la loi, du Code criminel et de leurs implications pour les victimes d'actes criminels.

Une autre facette formidable du soutien fédéral, c'est qu'il finance nos administrations.

Ici, à Terre-Neuve-et-Labrador, nous avons le bonheur de recevoir d'importantes sommes d'argent du gouvernement fédéral par le biais d'ententes négociées.

Cela nous permet de réaliser des projets conçus spécifiquement pour les victimes et qui améliorent les services que nous leur donnons.

Le succès du Programme d'aide aux victimes se mesure au cas par cas.

Le succès, ça peut être le fait de voir une personne qui est dans une relation marquée par la violence y mettre fin pour toujours - après une, cinq ou dix tentatives, et la personne refait sa vie en dehors de cette relation, et s'occupe d'elle-même et de ses enfants.

Alors, on peut parler de succès.

Pour toutes les victimes, aller de l'avant signifie faire un premier pas et demander de l'aide...

Je dirais aux victimes que même si elles se sentent seules, il y a des gens qui peuvent leur venir en aide.

Leur situation est sans doute angoissante, et elles ne savent peut-être pas où aller ou quoi faire, mais elles peuvent chercher du soutien et ce soutien peut prendre plusieurs formes.

Il y a des services structurés, comme le Programme d'aide aux victimes, mais il y a aussi des services plus informels.

Il y a les refuges pour femmes, les organismes communautaires, les centres pour les femmes, la famille et les amis.

Vous n'avez pas à compter seulement sur vous-même pour vous en sortir.

Les équipes d'aide aux victimes de tout le pays sont sans doute d'accord avec les propos d'Anita Stanley :

Nous, des organismes d'aide aux victimes, devons continuer de jouer notre rôle dans la vie des gens que nous aidons.

Nous devons continuer de défendre les victimes d'actes criminels.

Nous avons assisté à l'évolution de la victimisation et du crime.

En tant que société, nous devons comprendre qu'il faut nous unir pour effectuer les changements nécessaires.

La police ou un programme d'aide ne peuvent le faire seuls.

Toute la communauté doit s'unir pour faire face aux enjeux.

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