Le trajet de Christopher

Une entrevue vidéo avec Christopher Ducharme, le fondateur de BC Victims of Homicide (en anglais seulement), qui explique comment aider d'autres victimes lui a permis d'aller de l'avant. Christopher discute aussi de certaines de ses activités créatrices et des avantages qu'elles lui ont fournis.

Symbole du gouvernement du Canada

Poem par Christopher Ducharme

Transcription

Voici Christopher Ducharme dont la lutte en tant que proche de victime d'homicide, s'est déroulée dans l'ouest canadien.

Issu d'une famille de trois enfants, Christopher vivait avec sa mère divorcée à Campbell River en Colombie Britannique au milieu des années 90.

Il y a 15 ans, j'en avais 14.

J'étais sur le point d'aller visiter mon père en Alberta pendant la semaine de relache.

Pour ma mère et son ami de coeur, c'était censé être une semaine entre amoureux, mais ça s'est terminé en tragédie... une expérience traumatisante.

Quand mon frère est sorti de sa chambre pour nous informer de la nouvelle, on savait que ma mère était morte avant même qu'il ouvre la bouche.

Á ce moment-là, on s'est tous serrés les uns contre les autres... ce qui a probablement été la première étape d'un long processus de guérison.

Mais pour Chris et ses frères et soeurs, les difficultés liées au meurtre de leur mère ne faisaient que commencer.

Quand je suis retourné à l'école, mes amis du collège (ne) pouvaient pas comprendre et (ne) savaient pas comment manifester leur empathie.

J'ai perdu ces amis-là parce qu'ils(ne) savaient pas comment me parler.

Il y a eu beaucoup de moments sombres.

Le vide, la douleur et la dépression ont fait parti de mon quotidien au cours des deux années suivantes.

J'ai même pensé au suicide.

Heureusement que je (ne) l'ai pas fait!

J'ai souvent été tenté de prendre de la drogue.

J'étais vulnérable à cet age-là.

La guérison a été difficile, d'autant plus qu'elle survenait à l'adolescence, mais Chris, comme certains autres proches de victimes d'homicide, s'est découvert un besoin irrépressible de créer.

S'exprimer est essentiel pour guérir.

Pour moi, ça a été la poésie.

C'est la première forme d'expression que je suis parvenu à maîtriser: neuf mois après le meurtre de ma mère, je rédigeais mon premier poème.

Certains poèmes sont vraiment noirs mais je n'ai pas honte de les partager.

D'ailleurs, voici mon premier livre de poésie.

Quand je le relis, je peux retracer les changements qui sont survenus dans ma vie.

Par sa poésie introspective, Chris se repliait sur lui-même...< puis, graduellement, il s'est mis à partager son histoire.

Ma guérison s'est accélérée quand je me suis mis à parler de ce qui m'était arrivé.

J'ai raconté mon histoire à plusieurs reprises, sans compter les centaines de fois que je l'ai fait dans les médias.

J'étais confortable avec ça et même, j'en avais besoin!

Chaque victime a sa façon bien personnelle de composer avec le stress et d'interagir avec les autres...

En 2005, dix ans après le meurtre de sa mère, Chris vivait en Alberta et débutait une autre étape de son évolution.

Á ce moment-là, j'ai fait la connaissance du Victims of Homicide Support Societyd'Edmonton, un groupe qui accueille les gens touchés par un homicide.

En fréquentant le groupe, je me suis rendu compte que je ne partageais pas uniquement mon histoire : je la racontais à des personnes qui me comprenaient et j'en tirais du réconfort.

Quand j'ai quitté l'Alberta pour aller à Vancouver, un de mes rêves était d'ouvrir un chapitre du Victims of Homicide Support Society.

Moins de deux ans après s'être installé à Vancouver, Chris puisait à même son expérience pour fonder la BC Victims of Homicide, pour les proches de victimes d'homicide.

Ce regroupement cible les gens affectés par un homicide, généralement la famille ou les amis de la personne qui est décédée.

Pour Chris, tant d'un point de vue personnel que dans son travail auprès des personnes touchées par un homicide, le voyage est long et n'est pas encore terminé.

Maintenant que j'ai fait beaucoup de travail sur moi - à une certaine époque, j'étais profondément désespéré - je vais assez bien pour prendre le recul nécessaire et avoir une vue d'ensemble de ce qu'on tente de faire.

Cet engagement m'a permis de voir plus loin que le bout de mon nez.

C'est ça, le processus de guérison.
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